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Presentación del proyecto "Escuela Tránsito Amaguaña "

 

 

 

 

 

Fotografías del viaje realizado en febrero 2008

© Rafael López y Moisés Morales

 


Fotos del viaje realizado en febrero 2008

foto : Marion Rivet

Otavalo
   

Projet de Collaboration avec l’Ecole Tránsito Amaguaña

 

Pour ceux qui ont lu ou ont entendu parler du premier projet d’André-Chavanne avec l’Ecole Gustavo Jarrín, le projet Tránsito Amaguaña n’est pas une nouveauté complète; pour les autres, il s’agit de le resituer.

A la base, il y a une école en Suisse, ses enseignants ainsi que ses élèves qui souhaitent monter un projet de soutien, de l’autre, une multitude d’écoles en Equateur qui ont besoin d’une aide constructive.

La première phase s’est donc déroulée en parallèle des deux côtés de l’Océan Atlantique. D’un côté, les élèves d’André-Chavanne, soutenus par leurs enseignants, qui commencent à collecter des fonds afin de mener à bien le projet, de l’autre côté de l’Océan, la recherche d’une école avec laquelle collaborer.

Il faut tenir compte de plusieurs paramètres. Primo, le budget n’est pas énorme puisqu’il s’agit de l’argent que les élèves collectent par leurs propres moyens (ventes de pâtisseries, fêtes pour récolter des fonds, etc.). Deuxio, il n’est pas possible, ni raisonnable de penser que l’on pourra tout changer, même avec une tonne de bonne volonté. Il s’agit donc de choisir une école où l’on peut moderniser les infrastructures et faciliter l’apprentissage des élèves.

De nombreuses écoles ont été visitées et une rencontre magique s’est produite. Une école ayant un fonctionnement pédagogique complètement différent des autres. Une école où l’argent n’est pas le moteur mais où l’objectif principal est le maintien des cultures ancestrales de l’Equateur, c’est-à-dire, une école bilingue quichua-espagnol. Cette école ne peut pas être qualifiée de pauvre car elle est riche de ce projet et de la volonté de ses enseignants, qui se consacrent jour après jour au maintien des cultures des populations migrantes qui viennent des provinces des alentours de Quito.

La situation de cette école est stratégique, elle se situe au milieu du marché au gros (Mercado Mayorista) situé au Sud de Quito, et ses élèves sont les enfants de toute la population qui travaille sur le marché (vendeurs de fruits et légumes, éplucheurs de petits pois, maïs, etc., récolteurs de métaux, plastiques ou bois, cyclistes transbahutant des marchandises sur des rickshaws – mieux connus en Inde -, nettoyeurs, et autres professions dues à la nécessité). Tous ces enfants connaissent une double journée de labeur, de deux heures du matin à huit heures, le travail avec leurs parents, puis de huit heures à une heure de l’après-midi, une lueur d’espoir, la possibilité de sortir de leur condition, l’école.

L’école Tránsito Amaguaña (dont le nom est dû à une femme indigène ayant combattu toute sa vie pour les droits des indigènes et leur droit inaliénable à l’éducation, actuellement encore en vie, âgée de 98 ans) a aujourd’hui 18 ans, cette petite école a eu la tâche rude car elle a commencé à fonctionner avec quelques enfants, sans terrain, sans école, sans matériel scolaire, mais avec la volonté de fournir une éducation aux enfants dont le seul quotidien était le travail. Désormais, ce sont 230 enfants environ qui, à côté de leur journée de travail nécessaire à la survie de leurs familles, peuvent assister à des cours, étudier dans leur langue maternelle et apprendre l’espagnol, apprendre toutes les notions qui leur permettront de se défendre dans la vie et de sortir, peut-être, de leur condition. L’espoir de l’école est qu’ils puissent retourner dans leurs provinces, stopper cet exode rural qui les mène à la pauvreté et souvent à la mendicité, développer leur propre activité économique sur place et pourquoi pas créer de l’emploi dans les Province du Chimborazo, du Cotopaxi et de la longue chaîne de volcans.

Lorsque j’ai rencontré Irma Gómez –la directrice de l’école–, elle m’a tout de suite fait une forte impression, elle ne m’a pas demandé « combien ? » mais « qui ? comment ? ». Elle m’a tout de suite expliqué que les seuls projets qui pouvaient être développés sous le toit de son école devaient être en harmonie avec leur culture et leur mode de fonctionnement. Que leur identité primait sur les considérations financières. Je lui ai alors parlé du projet de l’école André-Chavanne, des élèves qui allaient venir avec pour but de participer eux-mêmes à des tâches concrètes et ça a été « une rencontre ». Nous avons alors regardé ensemble quelles étaient les nécessités de l’école ou, plus exactement, des élèves.

Les objectifs que nous nous sommes fixés sont raisonnables : construire un jardin potager et construire un poulailler ou plus exactement, néologisme oblige, un « cuyailler » (le mot est de mon invention), c’est-à-dire un poulailler à « cuyes », cochons d’Inde. Ces deux constructions permettront aux enfants de mettre en pratique leurs leçons d’agriculture et d’économie, d’apprendre à prendre soin de plantes et d’animaux, d’apprendre aussi à vendre les cochons d’Inde, nourriture très prisée en Equateur, et donc d’avoir des connaissances basiques en commerce. Parvenir à monter un petit négoce dans le patio derrière leur école permettra aux élèves, le moment venu, de monter à leur tour un petit négoce dans leurs provinces d’origine, à en vivre et à rester chez eux.

Nous n’avions que peu d’argent pour démarrer le projet (500 dollars) mais nous sommes allées acheter, avec un petit groupe d’élèves, des plantes, des fleurs, des arbrisseaux, des outils, deux clôtures, nous avons aussi pu bénéficier de la générosité de ma belle-famille (touchée par ce projet) qui nous a donné une grande quantité de bois de construction. Et le travail a alors commencé. 

Les élèves suisses sont venus et, avec les élèves de l’école, ils ont retroussé leurs manches et travaillé la terre, planté fleurs, plantes et arbrisseaux, dressé les clôtures autour du jardin potager et du futur « cuyailler ». Ça a été un moment intense parce que la timidité s’est effacée au profit d’une intense collaboration. Cela ne ressemblait pas un projet d’aide humanitaire où l’on débarque afin de changer le monde, mais à un projet de collaboration entre deux groupes d’élèves que tout séparait jusque-là. Nous avons autant appris d’eux que nous avons pu leur apporter et c’était émouvant de voir les élèves équatoriens pratiquer quelques mots de français qu’ils avaient appris et nos élèves prononcer le nom de tous les outils en espagnol…

Maintenant, il reste du travail à faire, des deux côtés de l’océan et j’ai accepté bien volontiers de marrainer (plutôt que de parrainer) quelques enfants qui ont la responsabilité de la conception et de la construction du « cuyailler ». Nous effectuons des visites de grandes productions afin de savoir comment nous allons le construire, quels sont la nourriture et les soins à donner aux animaux, etc. Parallèlement, les élèves d’André-Chavanne pourront continuer à collecter les fonds qui nous permettront d’avancer dans le projet.

Et puis, il y a une petite fenêtre au loin, un espoir si les considérations économiques nous le permettent. Actuellement, les enfants n’ont plus de cantine, la salle prévue à cet effet a été transformée en salle de classe afin d’accueillir de nouveaux enfants. Le rêve serait donc de pouvoir agrandir l’école afin de leur rendre un espace commun où manger. Mais ceci reste un rêve car les moyens impliqués seraient très importants, peut-être trop, car comment collecter tant d’argent avec de simples ventes de pâtisseries…

Marion Haro Dávila-Rivet

 
vista exterior de la escuela
la directora
entrevista de los responsables del proyecto
alumnos trabajando
nuestras alumnas trabajando
realización del huerto
 

version .pdf para impresiÛn

 
   

 

film: bajada del Cotopaxi

(pincha sobre la imagen para inciciar o parar )

entrevista de la directora de

la escuela "Tránsito Amaguaña"

 
 

 

 

 
Proyecto humanitario Escuela Gustavo Jarrín
 

Presentación del proyecto

Pour raconter le projet humanitaire de notre école, par où commencer ?

Probablement par le voyage de quelques élèves d’André-Chavanne qui sont partis pour l’Equateur et qui, à côté du bonheur de voyager, de visiter et de découvrir de nouveaux horizons, ont découvert une toute autre réalité, parfois bien cruelle, celle des inégalités et de l’injustice, tellement flagrante au niveau de l’éducation.

Nos élèves ont découvert l’existence de quelques écoles fiscales, loin de tout, loin de tous. C’est là qu’est née la volonté d’aider et de partager, de transmettre ce qui à Genève nous appartient à tous : la scolarité publique dans de bonnes conditions.

Le plus difficile a alors été de décider quelle école aider… Il y a tellement d’enfants qui étudient dans des bâtiments délabrés, sans eau courante, sans matériel scolaire, sans infrastructures adéquates. Le hasard a guidé nos pas vers la petite école « Gustavo Jarrín », juchée en haut d’un petit chemin escarpé, non pavé, une petit école située à mi-chemin entre la ville de Cayambe et son volcan de neige, « El Cayambe » (5790 mètres d’altitude).[ver mapa]

Une fois pris les contacts avec les professeurs de là-bas, le travail a commencé ici, à Genève, auprès des élèves et des enseignants, c’est-à-dire un « projet d’école ». C’est alors que se développe la solidarité et la bonne volonté : organisation de deux fêtes et de quatre ventes de pâtisseries. Chacun effectuant ce qu’il peut : des gâteaux, de bons petits plats mais aussi aidant en vendant ou en achetant.

C’est grâce à cette volonté de tous (confectionneurs/vendeurs/acheteurs) que nous avons pu collecter la somme totale considérable de 2'200 francs suisses.

Le travail continue alors sur place, à Cayambe, afin de mettre à profit la somme collectée sans que cet argent ne disparaisse à cause d’une mauvaise gestion ou d’intermédiaires indésirables.

Un deuxième groupe d’élèves part alors continuer le travail commencé par leurs camarades. Une première partie de la somme est versée afin de repeindre l’école (intérieur et extérieur), de redonner quelques couleurs au vieux bâtiment et un peu de joie aux enfants. Nos élèves ne déméritent pas, retroussent leurs manches et aident à sortir les meubles, nettoyer, réparer, ranger …

Après notre départ, même s’il reste encore beaucoup à faire, l’école a déjà meilleure mine et les enfants de Cayambe ont vu d’autres enfants de très loin venir les aider, leur tendre la main et transmettre un message d’espoir et de solidarité.

A ce stade, il reste la partie essentielle des travaux à faire : construire un réservoir d’eau afin que l’école puisse être approvisionnée en eau et faire fonctionner les toilettes mais aussi arroser le petit jardin potager des enfants et surtout que ces derniers puissent avoir de l’eau saine à boire.

Il a fallu se rendre à Cayambe et acheter tout le matériel de construction nécessaire, payer le matériel directement auprès des entreprises et négocier les prix en expliquant qu’il s’agit d’un projet humanitaire et que le budget est limité. Les entrepreneurs de Cayambe ont fait montre d’une grande compréhension en nous proposant des prix très corrects et en nous offrant le transport des marchandises jusqu’à l’école gratuitement. Il faut dire qu’ils étaient très impressionnés que les élèves d’une école, de l’autre côté de l’océan, aient pu se lancer dans un tel projet et collecter un telle somme !

Et puis les bonnes surprises ne viennent jamais seules : une fois le matériel acheminé à la petite école, a surgi tout un groupe de personnes : hommes, femmes, enfants. Il s’agissait des familles des élèves, de toute la communauté locale qui venait prêter main forte pour la construction.

Pas un seul centime n’a été déboursé en main-d’œuvre ! L’un des parents étant maçon, l’autre ouvrier, un troisième charpentier, ils ont pris le chantier en main et ont dirigé les autres parents venus aider. Ils ont travaillé ainsi tous les week-end durant des semaines, avec l’aide des femmes et des enfants.

Une belle leçon de vie. Chacun son tour a tendu la main à l’autre, de l’élève suisse, à l’entrepreneur équatorien jusqu’au parent d’élève. Chacun a apporté sa contribution, pour le bien-être des enfants.

Un beau message d’espoir.

Aujourd’hui, le travail n’est pas encore terminé, il reste encore un peu d’argent. On a pu refaire la toiture de la cabane qui sert de cuisine, y installer aussi une porte et une fenêtre, là où il n’y avait que des planches.

Il reste presque 300 francs suisses, qui seront probablement utilisés pour du matériel scolaire. Maintenant que les enfants ont une belle école, il faut penser à faciliter leur apprentissage afin qu’ils aient un maximum de chances dans la vie.

Un dernier message doit être transmis, un remerciement pour un homme extraordinaire, Monsieur José Alvear, le Directeur de Gustavo Jarrín, un homme qui a fait de longues études, qui possède un doctorat, qui pourrait gagner un salaire considérable en ville mais qui préfère se contenter du maigre salaire de professeur dans le public parce qu’il croit en un monde différent, une école meilleure et qu’il lutte jour après jour pour sa communauté. Pour le bien-être de ses élèves. C’est une chance pour nous de l’avoir rencontré parce que c’est grâce à des gens comme lui que nos projets humanitaires peuvent être menés à bien.

Et un tout dernier message, un énorme merci que les enfants, les parents et la communauté de Cayambe souhaitent transmettre à tous les élèves d’André-Chavanne. Ils ne les ont pas oubliés et ne les oublieront pas. Le croisement de leurs chemins à contribué à améliorer leurs vies.

 

Marion Rivet

Proyecto humanitario "Escuela Gustavo Jarrín"
 
Los niños de la escuela Gustavo Jarrín
 
La escuela Gustavo Jarrín en plena "reforma" con los alumnos del CEC André-Chavanne trabajando en ello
 
 
 

Fotos de la escuela Gustavo Jarrín

realizadas durante el intercambio escolar CEC-André Chavanne/Colegio Británico en 2005

(pincha sobre una foto para visualizarla en gran tamaño)

fotos tomadas por Rafael López (jersey rojo y sombrero de paja)

 

 

 


 

 

página actualizada el 1/03/08
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